


En plein centre-ville sur la corniche du Nil, le temple de Louxor est plus intime et plus cohérent que Karnak, et se garde de préférence pour la nuit tombée. Le pylône d'entrée est flanqué de statues assises géantes de Ramsès II et d'un unique obélisque de granit rose, dont le jumeau se dresse à Paris place de la Concorde. Au-delà s'étend la gracieuse colonnade d'Amenhotep III, dont les colonnes papyriformes comptent parmi les plus élégantes d'Égypte, menant à des cours baignées de soleil et à des sanctuaires intérieurs. Ce qui rend le temple singulier, ce sont ses strates : une mosquée médiévale, toujours en usage, est perchée improbablement à mi-hauteur d'un mur, et des peintures romaines et paléochrétiennes effacées marquent l'endroit où il servit un temps d'église, trois mille ans de culte continu en un seul lieu. L'allée des Sphinx récemment rouverte, une voie processionnelle de près de trois kilomètres, le relie de nouveau à Karnak. Venez le soir, quand les projecteurs dorent les colonnes et que la foule se clairsème.